Que ressens-tu quand tu pars vivre à l’étranger : avant, pendant et après ?

Salut, cher voyageur, chère voyageuse. C’est Tiffany. J’espère que tu vas bien. Je suis très heureuse de te retrouver dans ce nouvel article.

Aujourd’hui, je veux te parler de la vie à l’étranger. Pour cela, je voudrais te parler de mon expérience, de mon ressenti. Comment ai-je vécu mon expatriation en Russie, avant, pendant et après ? Qu’est-ce que je ressentais ?  comment me suis-je préparée ? Qu’est-ce que j’ai mis en place pour vivre le mieux possible en Russie ? 

Je ne prétends pas savoir pour toi. Je te propose juste mon expérience. Si toi aussi, tu t’es déjà dit : « Aah vivre à l’étranger, ça me plairait mais… ». C’est à ce « mais » que je m’adresse. J’espère que mon expérience pourra t’aider, t’inspirer à franchir le pas.

Et quand bien même, tu n’es pas tenté par l’idée de vivre à l’étranger,  voyageur curieux du monde qui t’entoure, je pense bien à toi. J’espère que ces quelques mots te feront voyager de chez toi.

Ce que je vais t’écrire, je l’ai écrit une première fois dans le cadre d’une interview. Mon ami, Jérémy, créateur du blog Méditer pour être libre s’est intéressé à mon expatriation et m’a donc posée quelques questions.
J’ai trouvé ces questions très pertinentes. Elles m’ont amenée à réfléchir en profondeur sur mon aventure en Russie. Tu peux retrouver l’interview complète en suivant ce lien.

1 – Avant l’expatriation : Qu’est-ce que j’ai ressenti ? Comment me suis-je préparée ? Et comment a réagi mon entourage ? 

Je vais commencer par te parler de mon entourage. La question : Comment s’est senti ton entourage ? me bouleverse encore beaucoup.

Tout simplement parce que lorsque je disais aux gens que je vivais loin, très loin de ma famille et de mes amis, il y a des réponses qui font mal. La pire pour moi est : « Ohlala ! Je sais pas comment tu fais pour vivre en Russie. Moi, je ne pourrais pas. J’aime trop ma famille ! »

Whaouu ! Quand tu te prends ça, tu peux imaginer comment ton coeur se révolte.

Je vivais à 2200 km de ma famille et de mes amis, et crois-moi, j’aime énormément ma famille et mes amis.

Tu sais, j’étais bouleversée quand j’entendais ça et en même temps, je comprends les personnes qui réagissent ainsi. Vivre si loin, ça peut paraitre inimaginable. Mes petites soeurs, elles-même, me le disaient : « Je suis trop famille pour ça. » Je le respecte.

Et donc peut être que tu te demandes : « Mais alors Tiffany, comment as-tu annoncé à ta famille, à tes petites soeurs que tu allais partir en Russie ? »

Ah ah ah ! J’en ris beaucoup aujourd’hui parce que sur le moment, je me souviens, j’étais pas forcement à l’aise… voire pas du tout. Pourtant ma famille était habituée à ne pas me voir aussi souvent qu’elle le souhaitait parce que j’avais vécu 4 ans à Paris. Ma famille habite à Niort. D’ailleurs j’ai une vidéo et un article tout mignon sur Niort : Et si Niort pouvait te faire rêver ? 🙂

C’est pourquoi j’ai parlé de ce projet, bien avant d’être sûre que j’allais partir. Là, c’est une façon de faire qui pourrait paraitre dangereuse. Par exemple, mon mari a fait l’inverse. Il a attendu d’être absolument sûr de partir pour l’annoncer à son entourage. Histoire de ne pas faire de fausse alerte…

De mon coté, j’ai eu très vite ce besoin d’en parler le plus tôt possible pour pouvoir écouter au maximum ma famille.

Alors, de mémoire, le processus de : je vais peut être partir, je vais bien partir en fait, ah et je suis partie maintenant, ça a pris 8 mois je pense. 

Pendant ces 8 mois, j’ai pu écouter et répondre au mieux aux questions, aux craintes de tout le monde : « Quand est-ce qu’on pourra se voir ? Comment va-t’on pouvoir s’appeler ? Où vas-tu aller ? Qu’est-ce que tu vas faire ? »

Je ne regrette pas du tout d’avoir pris 8 mois pour parler de mon projet de partir, quand bien même ce n’était pas sûr. J’ai pu avoir le sentiment de d’avoir préparée mes proches le mieux possible. Et tout en les préparant, je me préparais aussi.

Parce que je t’avoue que quelques semaines avant le départ, quand il a fallu faire les bagages, acheter des vêtements plus adaptés par exemple, et vendre ceux qui n’étaient plus importants, vendre les meubles, la vaisselle, tout ! Ça a fait un choc. Et, mon corps a réagi tout naturellement : je dormais tout le temps. TOUT LE TEMPS ! C’était assez hallucinant. Je sais pas si toi aussi quand tu vis un gros stress, tu dors, tu dors. Et quand bien même, tu veux te lever pour faire quelque chose, ton corps lui reste au lit. Ah ah ah !

Hormis le stress qui dévorait mon énergie, je me sentais très sereine par rapport à mon entourage. Je ne ressentais ni culpabilité, ni tristesse. J’avais eu le temps de dire tout ce que j’avais à dire et mon entourage aussi.

2 – Pendant l’expatriation : Qu’est-ce que j’ai ressenti en arrivant ? Comment me suis-je intégrée ? 

Comment je me suis sentie en arrivant ? Complètement désorientée. Je suis arrivée dans un monde que je ne connaissais pas.

Un monde dans lequel, personne ne te comprend. Même quand tu vas au Mac’Do, tu n’es pas compris au début…

Je me souviens dans ma tête, ça hurlait : « Euuuuuuh mais attends-là ! Je ne peux pas commander un coca. Mais pourquoi est-ce aussi compliqué de commander un coca, une frite et un burger? »

Aujourd’hui, j’en ris mais je t’assure que sur le coup ça fait tout drôle. C’est très inconfortable.

La Russie a été ma première expérience à l’étranger. Et donc mon premier souvenir à Moscou n’en est que plus mémorable :

Je suis seule à l’aéroport. J’ai deux énormes valises de plus de 20 kilos chacune. Je ne pese même pas 50 kilos… et je mesure même pas 1m60… donc imagine un peu la scène. Je ne parle ni anglais, ni russe. Bien sûr, j’ai des rudiments des deux langues… Mais quand bien même, je n’aurais pas pu faire de mieux.

Qu’aurais-tu dit à ma place dans la situation qui va suivre ?
Tu passes par le Green Channel pour sortir (rien de plus normal), et là, deux molosses russes decident de fouiller tes bagages. Oui, oui, tes deux énormes valises de plus de 20 kilos… Celles qui contiennent toute ta vie, ta vie la plus intime. J’imagine bien ta réaction : « J’aurais rien pu dire ni faire non plus. » Oui, comme moi. 🙂

Voilà, voilà. Je m’en souviendrais toute ma vie. Ces deux hommes fouillant mes valises. Deux hommes que je ne comprenais pas et qui ne me comprenait pas…

Et c’est pas fini. Je sors enfin du Green Channel avec mes deux valises en pagaille. Ma mission était de trouver mon chauffeur de taxi qui m’attendait. Ouf ! Trouvé ! Il s’est occupé de mes valises ! Whaou ! Bon, il ne parlait pas français. Ok donc, aucune langue en commun… ahah ! On fait un peu de route pour arriver jusqu’à Moscou même. Et il finit par arrêter la voiture devant des barres d’immeubles. J’imagine qu’il me demande : Lequel ?

Devine ?! Je ne savais pas ! Je n’étais jamais venue ici. Alors, j’ai dû lui expliquer… par des gestes peut être (je ne me souviens plus vraiment) d’appeler mon mari MAIS de me passer le téléphone (car mon mari ne paraite pas non plus russe). Et tu sais quoi ? J’ai réussi à trouver l’immeuble ! Whaou ! Trop fière mais épuisée et vraiment très mal à l’aise.

Tu comprendras qu’après cette première aventure à l’aéroport puis le Mac-Do que je n’ai pas réussi à commander juste après, j’ai pris une décision : apprendre le russe et très rapidement. 

J’ai eu la chance de pouvoir prendre 12h de cours de russe par semaine. Je me déplaçais dans un institut pour pouvoir m’immerger le plus possible : prendre le métro, manger au restaurant le midi. Je rentrais chez moi dans l’après-midi et je révisais jusqu’au soir.

Le week-end, on allait dans les musées, au restaurant. On prenait le métro, on se baladait partout.

Après 4 mois de ce régime, j’ai pu me rendre à des entretiens qui se sont déroulés tout en russe, pour être professeur de français. J’ai même suivi une formation d’une semaine, tout en russe. Whaou !

Je pense que tu as compris que j’étais très stressée au tout début, que j’ai vécu des scènes de grand inconfort. Et que j’ai choisi de faire quelque chose. Pour moi, la solution a été de m’intéresser à la langue, d’essayer de m’immerger le plus possible dans la ville et ses activités. Pour d’autres, pour toi peut être, ce sera different. Et en même temps, la réponse, celle de son choix, sera forcément de la même nature que la mienne: se relever les manches et y aller !

Partir à l’étranger, c’est aussi prendre ses responsabilités. J’ai fait le choix de partir dans un pays dont je ne connaissais ni la langue, ni la culture, ni le quotidien. Je suis arrivée et il a fallu que je m’intègre. Je me suis passionnée pour la langue russe et la culture russe.

J’ai eu aussi cette chance, tout en me passionnant pour la culture russe et la langue russe, je me suis passionnée pour la culture française et la langue française. Les russes m’ont donnée la chance de pouvoir enseigner la langue française. D’ailleurs, si tu doutes de l’amour des russes pour la France, je te conseille de lire ou de re-lire mon tout premier article sur le blog voyager-heureux : Pourquoi la Russie n’est pas un pays dangereux. Je te raconte 3 souvenirs inoubliables qui me font croire sincèrement que la Russie n’est pas un pays dangereux et mieux encore, que les russes aiment la France.

Si je devais te donner qu’un seul conseil pour t’aider à mieux vivre ton expatriation, ce serait : passionne-toi ! Pour ce que tu veux, mais passionne-toi et fonce ! 

3 – Après l’expatriation : Qu’est-ce que j’ai appris de cette aventure ? Sur tous les plans (émotionnel, humain, professionnel).

Aujourd’hui, c’est l’heure du bilan. Je suis rentrée en France depuis le 17 mars et c’était pas prévu. Je devais encore vivre jusqu’en novembre en Russie et plus encore.

Que s’est-il passé ? C’est tout simple. La Russie, la culture russe m’a contaminée. Je te le disais plus haut, on m’a donné la chance d’enseigner le français alors que je viens d’un pays dans lequel si je n’ai pas un diplôme, je ne peux pas enseigner.

Cette expatriation m’a donnée le temps, m’a soulagée du poids de la pression sociale pour me découvrir des passions : les langues étrangères, le yoga, les voyages… pour me découvrir plus confiante et plus vaillante face aux imprévus de la vie.

La Russie et les russes m’ont donnée un amour sans limite, tout simplement parce que j’étais française et que je me passionnais pour leur pays. Où que je passais : « Tu es française ? De la France ? Oh j’adore la France !! » 

Quand je t’écris ça, je suis tellement émue. Et tu sais, si j’ai créé le blog voyager-heureux, c’est aussi pour te partager cette chance que j’ai eue de découvrir un pays et un peuple si attachants. De les découvrir, de les aimer et de me faire aimer d’eux.

Quand je me re-pense en train de faire mes valises en France… Je me dis :

« Qui aurait cru qu’un : Oui, je veux partir vivre en Russie, aurait pu changer à tel point ma vie. »

Je pense à tout cet amour, cette passion qui m’animent aujourd’hui. Je pense à toute cette curiosité dévorante, cette énergie que je mets chaque jour pour devenir une meilleure version de moi-même et pour partager tout ce que je sais et aider du mieux que je peux.

Je rentre avec un coeur plus grand, plus comblé. Je rentre avec un esprit plus riche, plus ouvert. Et je rentre avec de l’énergie folle, créatrice. Je veux participer à un monde meilleur, et toi ?

Voilà, cher voyageur, chère voyageuse, je t’ai dit tout ce que je pensais de mon expérience en Russie. J’espère que ça t’a plu et que ça t’a aidé, si tu as toi aussi envie de tenter une aventure à l’étranger.

Je te souhaite de vivre toutes ces belles choses.

Je suis parfaitement consciente qu’on peut être curieux, créatif, aimant, bienveillant et confiant, tout en ne vivant jamais à l’étranger. Je suis aussi parfaitement consciente que l’on peut aimer un pays, un peuple tout en n’ayant jamais vécu sur place. Je pense que l’expatriation peut être un super coup de pouce pour découvrir tout cela. 🙂

Si tu as envie d’être encore plus inspiré à partir en voyage, je te propose de faire le test que j’ai créé rien que pour toi : « Quel voyageur es-tu ? »
Tu peux le retrouver à la suite, ou sur la droite de cet article, ou encore sur la page d’accueil.

Je te dis à très bientôt et en attendant, je t’encourage à rester curieux de monde qui t’entoure.

Salut !
Tiffany

4 commentaires sur “Que ressens-tu quand tu pars vivre à l’étranger : avant, pendant et après ?

  1. Salut Tiffany merci pour ce beau témoignage, tu te livre vraiment dans cette article car on en ressentirais presque chacune de tes émotions que tu a si bien décrite.
    C’est une belle expérience que tu a vécu et tu en a tiré plus d’une belle leçon que tu partage ici.
    Tu t’es vraiment donné les moyens de vivre cette belle aventure (l’apprentissage de la langue et de la culture russe, mais aussi le dépassement des préjugés que nous français pouvons avoir parfois sur la Russie)
    Ce voyage t’aurais fait non seulement aimé la Russie mais aussi encore d’avantage aimé la France quelle belle conclusion 🙂
    Merci à toi
    Au plaisir (comme toujours) de te lire
    Julien

    1. Coucou Julien !
      Quel plaisir de te lire. Je te remercie d’avoir eu la générosité de m’écrire ce commentaire.
      Tu as parfaitement bien résumé mon état d’esprit. J’ai appris tellement de choses grâce à cette aventure en Russie : aller au-delà des préjugés et me passionner pour ce que je fais et le pays dans lequel je vis.
      Je te remercie aussi pour ta présence Julien. C’est une joie pour moi de t’avoir comme lecteur. Merciiiii !!!
      Tiffany

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