3 leçons apprises en voyage en Russie, dans le Transsibérien.

Salut cher voyageur, chère voyageuse. C’est Tiffany. J’espère que tu vas bien. Je suis très heureuse de te retrouver dans ce nouvel article. Aujourd’hui, je t’emmène en voyage dans toute la Russie à travers le très célèbre train : le Transsibérien.

Il y a 3 semaines j’ai eu la chance d’accueillir chez moi deux voyageuses géniales : deux Françaises, Estelle (de Paris) et Carole (de Strasbourg). Elles sont parties toutes les deux en voyage en Russie pendant plus de 2 mois. Elles ont pris à l’aller : le Transsibérien et ont fait le voyage d’une seule traite de Moscou à Vladivostok. Tu as bien compris, elles sont restées 6 jours et demi dans le ce train légendaire !! Quelle aventure !!! Puis au retour, elles ont pris le train, le bus, ont fait du stop. Une autre belle aventure !!!

Et, tu sais quoi cher voyageur ? Elles m’ont racontée leur voyage et je peux te dire dès maintenant : c’est incroyable !! J’en ai les yeux qui piquent et les mains qui tremblent car ce voyage que je te propose va t’emmener dans la Russie que j’aime, parmi les russes que j’affectionne de tout mon cœur.

Es tu prêt cher voyageur pour cette belle aventure ? Donne moi la main, je t’emmène dans le Transsibérien et dans l’Est de la Russie.

Le grand départ !! C’est fin juillet et ta date de départ pour la Russie approche à grand pas. C’est la dernière ligne droite pour préparer tes bagages. Un sac à dos de 50 litres où tu ranges tant bien que mal : une tente, un sac de couchage, un peu de vaisselle, un appareil photo argentique pour prendre de sublimes photos, un portable, quelques vêtements et un dictionnaire français-Russe. Ah oui ! Tu ne sais pas parler russe. Tu sais lire le cyrillique et tu connais quelques mots de russe, des formules de politesse surtout…

Viennent les derniers conseils de départ de ton entourage : « Attention à l’alcool !! T’es sûr de vouloir faire l’aller en une seule fois ? C’est 6 jours et demi quand même ?! Tu vas peut être t’ennuyer à mourir dans le train… »
Toi-même, tu finis par te dire : « Est ce que je vais pas péter un câble dans le train, comme ils me le disent tous… » 

Puis, c’est le Jour J !! Tu prends l’avion et tu passes quelques jours sur Moscou. Tu ne te souviens même plus de ce que tu en as vu. Tu as surtout rencontré des amis d’amis et reçus leurs recommandations : « Attention à l’alcool !!! »

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À Moscou, un joli coeur devant le parc Répin

Ça y est ! C’est parti pour la longue traversée de toute la Russie. C’est parti pour 9288 km !! Le plus grand continent du monde !! « Te rends-tu compte de ce que tu vas accomplir ? »

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Magnifiques paysages contemplés du transsibérien

Le voyage se passe extrêmement bien. Tu te répètes que tu as beaucoup de chance car tu tombes sur des gens, des russes très sympas. Des militaires pour la plupart qui rejoignent leur base. Et, des gens qui partent en vacances.

 

Lecon n*1 – La rencontre avec les russes : la bienveillance est au rendez-vous.

Il y a une bienveillance qui règne dans le train. Les gens font attention à ce que tout se passe bien pour toi. Toi, l’étranger qu’ils pensent un peu marteau : « Quoi ? Ton rêve, c’est de prendre le Transsibérien ? Mais c’est qu’un train ?! Pour moi, c’est juste parce que c’est moins cher que l’avion… qu’est-ce que c’est lent ! »  Régulièrement, le chef de cabine te demande si tout va bien et il prend le temps de t’expliquer certaines choses. La communication n’est pas aussi difficile que tu pouvais l’imaginer. Les russes autour de toi sont patients. Ils utilisent des traducteurs sur leur téléphone. Ils utilisent même ton dictionnaire et essaient d’échanger avec toi en français pour s’amuser.

Tu te répètes inlassablement que tu as beaucoup de chance, que tu es tombé sur les bonnes personnes pendant ces 6 jours et demi.

Deux seuls points noirs au tableau : la bonne nourriture et la douche te manquent…

Apres 6 jours et demi de traversée, tu débarques à Vladivostok !!!! Hourra !!!

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La gare de Vladivostok

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Baignade à Vladivostok

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Randonnée sur une île à coté de Vladivostok

Tu te rends compte très rapidement que tu n’as pas eu de chance dans le Transsibérien : les russes sont tous bienveillants et patients avec toi. Jamais, ils ne se moquent de ton accent ou de tes erreurs. Tu n’es pas un touriste aux poches remplies d’euros. Ils s’intéressent à toi et à ta culture. Ils vont même jusqu’à ne pas aller au travail pour te faire visiter leur ville. Quand tu leur demandes : « Mais ça ne pose pas de problème que tu n’ailles pas au travail ? » Ils te répondent en haussant les épaules : « чуть-чуть » (tchout-tchout) « un peu ».

 

Leçon n*2 – Le coeur russe est généreux.

L’Est de la Russie te réserve les plus belles surprises. Tout d’abord, tu découvres le train malheureusement encore méconnu : le Baikal-Amour. La ligne passe plus au nord que le Transsibérien. Tu t’émerveilles car les paysages sont enchanteurs. 

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Paysages enchanteurs saisis sur la ligne Baïkal Amour

Dans le sud-est, les russes te montrent une nature extraordinaire. Ils te disent qu’elle ressemble à celle que l’on trouve en Mongolie. Tu es transporté. Certains russes même ont les yeux qui brillent d’émotion. Parfois même, tu aperçois une petite larme coulée parce que, eux aussi, ils aiment leur pays et sa nature.

« Quoi ? Les russes sont émus ? Il y a donc un cœur sensible sous cette montagne de chair ? » Oh oui, les Russes ont un grand cœur. 

Parfois, tu leur fais même de la peine, sans le vouloir. Ils sont tristement déçus que tu ne connaissent que trop peu de choses de leur magnifique pays, de sa culture et de ses artistes : « Mais voyons vous ne connaissez pas ça de la Russie, en France ? » Parfois les russes se lancent dans un monologue de plusieurs minutes, sur les politiciens et les clichés qui circulent sur leur pays. Tu sais qu’il faut éviter de parler politique, surtout quand on ne maitrise pas la langue. Alors, une chanson chantée, un verre partagé, et les russes retrouvent leur bonne humeur. Les Russes sont des gros nounours. Oui, j’ose l’écrire, cher voyageur ! Les Russes sont des gros nounours. Leur cœur est immense, bienveillant et généreux.

« Connais-tu un pays où à chaque étape de ton parcours, tu rencontres des gens qui appellent tout le répertoire de leur téléphone, car tu viens de leur dire que tu ne sais pas encore où dormir ? Que la personne t’emmène lui même à l’hôtel ou un ami à lui que tu ne connais pas vient te chercher à la gare, tu en connais beaucoup des pays comme la Russie ? » 

Sans rien te demander en retour, les russes t’ouvrent même les portes de leur maison. Ils te font visiter leur ville et les alentours. Et à chaque fois, à chaque fois !! Ils te raccompagnent à la gare pour s’assurer que tout va bien. Il y a aussi tous ces russes qui te laissent leur numéro de téléphone sans jamais te déranger, juste au cas où que tu aies besoin de leur aide.

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Superbe maison russe

 

Leçon n*3 – Les russes sont serviables. Il suffit de demander…

Et puis il y a cette femme, qui parle à une amie sur un banc à Komsomolsk. Tu lui demandes de confirmer l’endroit où tu te trouves. Tu cherches un magasin pour acheter une pile pour ton bel appareil photo.

En Russie, tu découvres rapidement que tout est mal indiqué… il y a peu de panneaux et même Google Maps est bien capricieux, dans l’Est de la Russie surtout. Heureusement ! C’est tellement facile de demander des renseignements dans la rue. Les russes sont toujours prêt à te renseigner. Une seule fois, (une seule fois !!) sur toute la durée de ton voyage et la grande quantité de renseignements que tu as demandés (surtout pour les trajets de bus), une jeune femme Russe te répond non qu’elle ne peut pas t’aider. En même temps, tu es en train de lui demander son téléphone pour appeler, tout ça dans un russe très maladroit. Elle a peur sûrement.

Tous les russes t’aident. Quand ils ne savent pas, ils demandent pour toi ou même ils vont chercher le renseignement et reviennent vers toi pour te donner l’information. Il y a des fois, à des arrêts de bus, tu demandes ton trajet à une personne qui ne sait pas, qui demande à sa voisine, qui demande à son voisin… Et d’un coup, tous les gens qui attendent le bus se mettent à discuter au sujet de ton trajet de bus. 

« Whaou ! N’est-ce pas mieux que d’utiliser Google dans son coin ? »

Bref ! Je reprends le récit. Tu demandes à une dame qui discute avec son amie sur un banc : « Bonjour, sommes nous bien à telle adresse ? Je cherche ce magasin ? » Cette femme te répond : « Venez avec moi, je vous emmène au magasin. » Toi : « Quoi ? Vous êtes sûre ? mais vous êtes avec votre amie… je veux pas vous déranger. » 
La femme pense sûrement comme beaucoup de russes : « Ohlala qu’ils sont maniérés ces français. Si je te dis que je le fais, c’est que je veux le faire. Alors n’hésite pas. Réponds-moi simplement oui ou non. »

Cette femme t’emmène à un premier magasin qui ne peut rien pour toi. Elle te fait passer par la porte au fond du magasin et tu arrives dans un second magasin. Là, la vendeuse a un visage très fermé. Tu es au tout début de ton voyage, tu n’as pas encore compris que les russes ne sourient pas sans une bonne raison. Alors, cette vendeuse te regarde avec le visage fermé. Elle parle en russe avec la femme qui t’accompagne. Cette dernière part et te laisse seul avec la vendeuse qui a toujours le visage fermé. Tu te dis : « Qu’est ce que je fais là ? »
Un homme entre dans le magasin, tend de l’argent à la femme et ils se mettent à discuter ensemble. Tu te répètes « Qu’est-ce que je fais là ? »
La femme se retourne vers toi : « Suivez-le. » Toi : « Euh ok »

Tu suis l’homme qui s’avère être un chauffeur de taxi. Tu montes car il a un air sympathique, sans mauvaise intention et puis… que faire d’autre ? Il t’explique qu’il t’emmène à un magasin. Sur la route, il te demande qui tu es et ce que tu fais en Russie. Il t’écoute. Vous êtes arrivés. Tu lui demandes son numéro car demain tu aurais aimé visiter un village à côté et comme il ne conduit pas trop mal… (La conduite russe est « particulièrement sportive ») 

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Tu entres dans ce 3e magasin qui n’a pas non plus la pile que tu cherches. Le directeur et sa secrétaire te font monter à l’étage, dans le bureau et t’impriment un plan pour un 4e magasin. Le directeur y ajoute des indications. Il t’écrit l’adresse en cyrillique, en majuscules et en minuscules. Quelle gentillesse ! 

Pendant qu’on parle de gentillesse. À un autre moment dans le voyage, tu es dans une mercerie car tu cherches des fournitures pour de la broderie. Malheureusement, la vendeuse te dit qu’elle n’a pas ce que tu cherches. Elle pense qu’un autre magasin peut t’être utile. Elle part parler à sa collègue et te dit : « Suivez-moi. Je vais vous accompagner à l’autre magasin. » Whaou ! 

Cher voyageur, n’est-ce pas incroyable cette bienveillance ? Cette générosité même ? Tu pourrais te dire : « Mais comment être sur qu’il ne m’arrivera rien si je suis des personnes que je ne connais pas. » Estelle et Carole me disaient une phrase qui m’a marquée :  « À aucun moment, je n’ai senti de mauvaises intentions chez les russes. Et de toute façon, si un russe te recommande quelqu’un, rien ne peut t’arriver. » 

Évidemment cher voyageur, je compte sur ton intuition et ton sens de l’observation car comme dans tous les pays du monde, la Russie compte sûrement un petit nombre de personnes malintentionnées. Heureusement, nos deux voyageuses n’en n’ont pas rencontrées pendant leur 2 mois d’aventures. Super !!

Je continue sur le récit : « La quête de la pile ! » comme je l’appelle. hihi !

Oui, oui, ce n’est pas encore fini ! Il y a encore de belles surprises. Tout ça, grâce à une pile t’imagine, cher voyageur ? 

Après le 3e magasin dans lequel le directeur t’a imprimé un plan pour un 4e magasin, tu rentres te reposer. Il est tard. Le lendemain matin, tu appelles le chauffeur de taxi, rencontré la veille, pour aller au village en passant par le 4e magasin.

Le chauffeur vient te chercher et il t’emmène au magasin. Là-bas, il rentre avec toi et explique au vendeur ce que tu veux. Le vendeur te dit : « Je n’ai plus de pile comme celle ci. Enfin si, j’en ai une mais elle est périmée. Tenez, je vous la donne. » 

Une fois sorti du magasin, le chauffeur de taxi te dit : « Je ne te conseille pas d’aller au village à côté, ce n’est pas joli. Je peux t’amener de l’autre côté du fleuve Amour, c’est très beau. Et j’ai parlé à ma femme pourquoi tu voyages en Russie. On va la chercher. (Estelle et Carole en partant en Russie avait pour projet d’écrire un livre sur la notion du temps et aussi de trouver des ornements de broderie anciens. Je t’en parle plus à la fin de l’article). 

Sa femme n’est autre que la vendeuse qui t’a fait si peur hier avec son visage fermé. Elle t’explique qu’avant elle était bibliothécaire. Elle t’emmène donc avec son mari à la bibliothèque. Elle te fait entrer dans les archives interdites au public et te propose toute une sélection d’anciens ornements. 

Je ne sais pas pour toi cher voyageur, mais moi quand je t’écris ces mots, j’ai mes yeux qui s’emplissent de larmes d’émotions. Quelle aventure humaine ! Et tu sais que Carole et Estelle m’en ont racontées des tas comme celle-ci.

Les russes ont l’air si froids au premier abord… Et, au bout de quelques mots échangés avec toi, un sourire sincère transforme leur visage. Ils vont prendre très à cœur ta curiosité de leur culture et ta venue dans leur pays. Ils deviennent tes protecteurs, ils se sentent responsables de ton confort. Et ils deviennent aussi tes guides touristiques. Les russes sont fiers de leur pays. Ils mettent donc un point d’honneur à ce qui tu gardes un beau souvenir de leur ville et de leur pays. 

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Alentours de Oulan-Oudé (ville au sud du Lac Baïkal)

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Le lac Baïkal

Estelle et Carole me disaient cette phrase qui m’a marquée, cher voyageur. Je te la partage : « La Russie est l’un des rares pays, où tu peux te permettre de ne rien organiser, où tu peux goûter à l’hospitalité, la bienveillance et le partage. »

 

Ton voyage en Russie, dans le Transsibérien se termine ici, cher voyageur… J’espère que ça t’a plu et que tu as voyagé de chez toi.

Je tiens à remercier sincèrement Estelle et Carole. Ce sont deux voyageuses adorables. Ce sont également deux personnes très curieuses, passionnées et passionnantes. Leur personnalité, leur voyage m’ont beaucoup inspirée. 

Je t’invite à aller découvrir leur magnifique projet de livre-objet « Aiguiller les heures ». À travers ce livre, elles construisent leurs réflexions sur le temps. Elles s’inspirent de leur voyage dans le Transsibérien, de broderies, de photographies, de dessins et des découvertes réalisées auprès d’artistes de Sibérie

http://www.estellehenriot.com/aiguiller-les-heures/

Sais-tu qu’elles sont invitées à une soirée culturelle Tatar, à l’ambassade de Russie à Paris le 29 novembre. Whaou ! J’ai hâte qu’elles me racontent, pas toi ? 

Tu pourras toi-même leur poser la question car elles seront sur Paris, dans le 18ème, du 27 novembre au 12 décembre, pour te présenter leur magnifique livre dans leur exposition « Aiguiller les heures »

Je te remercie de m’avoir lue cher voyageur. Je te dis à mercredi prochain et en attendant, je t’encourage à rester curieux du monde qui t’entoure.

Tiffany

4 commentaires sur “3 leçons apprises en voyage en Russie, dans le Transsibérien.

    1. Merci Claudine pour ton si gentil commentaire. Ça me touche beaucoup.
      Penses-tu un jour aller prendre ce train si légendaire ?

  1. Philippe dit :

    Bjr, Je dois partir pour un tour du monde en juin prochain avec pour Premiere étapes Moscou pekin par le transsibérien. Je pense faire 2 arrêts iekaterinbourg et irkuts pour le lac baykal. Merci de cet article qui me rassure sur la sécurité.

    1. Bonjour Philippe.
      Je suis très heureuse de te savoir rassuré. C’est important !
      Je te souhaite un merveilleux tour du monde en juin prochain. 🙂

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